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sublata

Pseudo: sublataCatégorie: Tout et rienDescription:
Pas grand chose , se regarder peut être de l'exterieur , à travers les yeux des gens ...
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Wach qoltou:

Dites aux autres

Lundi 12 Mars 2007

Chers lecteurs,  

 

Je vais vous raconter une journée de ma vie.

 

23 :30 je pense à ma journée de demain, piscine quoi qu’il arrive je ne raterai pas ma séance de natation, puis détente puis reboulot. 

 

Mais… 

 

00 :10 Hôpital Parnet, services des urgences de Hussein Dey.  

 

Mon petio Frère ne va pas bien.

 

Diabétique, il vomi trop, il ne mange rien, son tôt de sucre dans le sang : 3g/l. Acétone : +++  

 

Le médecin de service prend les résultas, ne pouvant rien faire, n’ayant pas les moyens, me demande de l’évacuer vers l’hôpital de Kouba.

 

 

 

 

00 :30 Hôpital de Kouba.  

 

Je ne savais pas ou était l’hôpital de Kouba il fait noir, la route incertaine, deux femmes et un malade dans la voiture. Allant vers jolie Vue je me suis dit non il ne pouvait pas être dans ce coin, je rebrousse chemin, je retourne et je vois une petite montée, je la prend et je vois l’hôpital de Kouba.

 

Arrivée la bas, on attend, quoi ? Je ne sais pas. 

 

Un infirmier passe, je lui demande quoi faire 

 

Il prend en charge tout de suite mon frère ils lui refont les "mêmes" analyses.

 

Ils voient que la situation est grave. le chef de service, une femme, dit au médecin de l’évacuer vers un autre hôpital car il n y avait pas de place.  

 

Il me fait un petit courrier ou il demande au médecin qui va le lire que c’est un cas grave et qu’il fallait le prendre en charge d’urgence mais faute de place il n’était pas question de le prendre en charge à Kouba.

 

 

 

 

 1 :10 Hôpital de Mustapha Bacha. 

 

J’arrive à la réception des urgences. Je donne la lettre.  

 

Ils le prennent tout de suite en charge.  

 

Un médecin lui fait faire d’autres analyses (les mêmes).  

 

Il voit les résultas, met ses remarques sur un papier carton vert, et le donne en suite à un autre médecin. 

 

Des gens assis sur les chaises, attendant le réveil de leurs proches. 

 

Des chaises orange, comme pour égayer un endroit ou le danger règne. 

 

Des gens passent. En suite une civière  poussée par des gens de la même famille. Un corps étendu là, couvert avec une couverture et le visage couvert avec un foulard. 

 

Une femme, s’est suicidée. 

 

Sur le papier vert le médecin allonge ses remarques, son diagnostique. 

 

Avis : salle de ranimation.  

 

Je prends mon frère qui commençait à tomber de fatigue. 

 

La sale de réanimation jonchée de gens.

Pas de lit. les gens etendus sur des brancards, des civieres, des bilards comme des moutons.

Une honte ! Pas pour les medecins msekene, pour les résponsables de la logistique, les bosses de cette hôpital...les soit disant Managers de l'hôpital Mustapha Bacha, l'un des plus grands hôptaux d'algérie ! Tbehdila!

Rien à voir avec les salles de réanimations ta3 "Urgences"...

Je rentre et je donne le papier vert à un médecin responsable. 

 

A boute de nerfs, elle me dit non.  

 

Elle n’a pas assez de place pour le garder, il n y a pas de lit, trois personnes atteintes d’un cancer du cerveau. Ces personnes convulsaient. 

 

Une dans le cas de mon frère, elle n’arrêtait pas de vomir.

 

Ses parents de gens très âgés, s’occupaient d’elle comme d’un bébé, elle avait 37 ans.  

 

De vieux dans la salle du fond, diabétiques. Une au milieu de la salle, même chose. Mais pas sur des lits. 

La pièce de 4m² était pleine et il n y avait pas de lit. Pas de lit, les patients dormaient sur dans brancards. Il y en avait une sur une chaise. Tous sous perfusion.  

 

Un jeune homme sous respirateur, respirait très fort, son cœur battait lentement…  

 

Elle me dit non.

 

Elle était à bout de nerfs, fatiguée, dégoûtée, perdue, désespérée. 

 

Elle s’attendait sans doute à ce que je lui fasse une crise.

 

Un ami m’a dit un jour d’éviter ce genre de conflits stériles.

 

Et je me suis dit qu’elle était là et qu’elle devait être dépassée, et encore par manque de moyens elle ne pouvait pas le prendre en charge.

 

 

Je lui dis alors de me faire gagner du temps, de me dire ou je devais aller.

 

Que je comprenais parfaitement sa détresse mais qu’il fallait qu’elle aussi comprenne la mienne.

Elle me dit qu’elle ne pouvait pas m’aider. 

 

Je lui dit merci. Et je me retourne. Je parts vers mon frère et je lui dit qu’on allait partir vers Bir Traria.  

 

On allait sortir quand un jeune interne vint derrière moi et me dit qu’elle avait décidé de le garder en réanimation…sur une chaise roulante.  

 

Je l’envoi alors avec ma mère. Je rentre dans la salle de consultation  et je fais un brin de causette avec les médecin il est 3h00  du matin.  

 

Des gens affluent de toutes parts.  

 

La peur au ventre,  les yeux hagards, égarés ne sachant pas quoi faire contre la maladie, nous ne somme pas simplement peu de choses, nous ne sommes rien, me suis-je dit . 

 

Deux hommes assis sur les chaises orange, ma couleur préférée.

 

Ils parlaient de tout et de rien. Je me suis mise à discuter avec eux.  

 

L’un, la quarantaine passée, avait sa mère dans la sale de réanimation. Un cancer au cerveau.Il attendait son réveil.  

 

L’autre, la trentaine. Son frère était aussi dans la sale de réanimation. Sous respirateur. 

 

Je voyais les parents de la jeune femme qui n’arrêtait pas de vomir aller et revenir. Trop de douleur dans leurs yeux. Vieux, fatigués mais ils étaient solidaires pour sauver leur fille. 

 

4 :00 l’hôpital se vide. Petit à petit les gens repartent. Des policiers arrivent et font rentrer des gens dans la sale de soin.

Un policier tenait une grosse arme dans ses mains, cela m’a tenu un peu crispée je dois dire, j’ai toujours détesté les armes.

 

Mon frère en réanimation, ma mère avec lui.

 

Le sucre ne descend pas. L’acétone aussi élevée. 

 

Mon pauvre petit frère sur une chaise roulante, la tête en arrière. Sous perfusion.

 

Je ressors aussi vite. 

 

Je retrouve mes nouveaux amis dans la salle aux chaises orange. 

 

L’homme qui avait son frère a commencé à me raconter les circonstances.

Il avait avalé d’un trait une boite de l’Exomil.

 Un barbiturique, anti-dépressif...bref un truc dans le genre.

 

Walid, 23 ans, avait des problèmes psychologiques et se faisait suivre par un psychiatre. 

 

Il respirait, il dormait profondément.

 

5 :00 je retourne dans la salle de réanimation. 

 

Tout le monde dort. Mon petit frère aussi tant bien que mal.

 

J’ai demandé à ma mère de me suivre, j’avais amené avec moi une couette, un oreiller et un drap au cas ou on devait le garder.

 

On est parti dormir un peu dans la voiture mais nos esprits ne voulaient pas se calmer. 

 

On retourne à tour de rôle dans la sale d’attente. 

 

Le médecin lui avait mis une autre perfusion. On devait attendre 8 :00 pour le sortir de là. 

 

6 :00 plus personne ou presque. 

 

7 :00 je retourne dans la sale au chaises orange. Le frère de Walid était parti et remplacé par un autre fère. 

 

Un peu plus jeune. Il me raconte l’histoire de Walid. Un Beau jeune homme.

 

Il m’a dit alors qu’il avait rencontré une jeune fille, elle avait 15 ans, ils avaient grandit ensemble. Quand elle eut ses 18 ans, il est parti demander sa main.  

 

Elle lui avait changé sa vie.  

 

C’est un gars de Belcourt, d’après lui un quartier difficile.  

 

Elle lui avait changé sa vie. Elle avait amené à retrouver le droit chemin.  

 

Mais hier matin elle l’a appelé, et lui dit qu’elle en avait mare de lui. 

 

Elle l’avait tout simplement, largué.  

 

A 13h il va dans sa chambre, il prend les médicament et sombre dans le coma. Quand un de ses frère rentre dans la chambre pour faire sa prière. Il le trouve déjà dans un état grave. 

 

Il l’emmène à l’hôpital à 16h. Et depuis il ne s’est pas encore réveillé. 

 

Je lui dit alors que si il était arrivé six heures plus tard ça aurait été trop tard. Que son frère allait se réveiller peut être 3 jours après. Bien reposé. Inchallah.  

 

Qu’il ne devait pas s’inquiéter. 

 

8 :00 la place s’éclaircit, de la lumière du jour, mais devient une vraie artère principale tellement il y a de gens qui passent par là.  

 

Le médecin refuse de le laisser sortir mon frère. Son état jugé trop grave.

Mon frere exténué sur une chaise roulante, ça faisait déjà 4 jours qu'il n'avait pas fermé l'euil.

 

9 :00 Mon autre frère arrive. Je rentre à la maison avec Maman, Piki et Mili ma nièce il est 11 :00. 

 

Piki ma belle sœur retourna pour donner le téléphone à son mari. Elle revint en me disant qu’il y avait deux morts dans la salle de réanimation.

 Je me suis mal senti, pourtant, je n’avais vécu que quelques heures avec eux…Mais j’étais malade comme si l’un des membres de ma famille était mort. 

 

Je sors de l’hôpital et je vais vers la piscine, oui je vais m’excuser car je n’ai pas dormi de la nuit, et que je ne pouvais pas nager aujourd’hui.

Arrivée au portail, la portier me dit qu’il n y avait pas piscine aujourd’hui. 

 

Pourquoi ? Fis je, Il me répond qu’une des monitrices "Samia" était décédée. Une jeune femme d’une trentaine d’années…

Une crise cardiaque.  

 

Finalement, je pense que c’est surtout dans ses moments là qu’on dit :  

LA HAWLA WALA QOUATA ILLA BILLAH.  

 

Nous n’avons ni refuge ni force, que par la volonté de Dieu. 

Walid est vivant…j’espère qu’il ne recommencera pas.  

 

Mon frère jusque là va bien. 

 

Il est encore dans les soins intensifs.

Un peu grincheux, lefchouche ...Mais je l'aime mon petit frère.On est tous dans les mains de Dieu.  J'aime autant l'Algérie, parce qu'elle nous donne du coeur et que malgré tout, tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir.

 

 

Sublata.

 

 

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