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Samedi 18 Mars 2006

Chers lecteurs,

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       Ce soir je vais vous conter une histoire plutôt drôle, qui se passe non loin de chez vous et de chez moi, une ville avec laquelle j’ai quelques liens de sang, et aussi par là même, quelques souvenirs, parfois drôles, et parfois moins drôles, Cette ville bien connue, Tizi Ouzou, n’est pas si loin d’Alger hein ? Mais l’histoire que je vais vous conter ce soir, se passe à des années lumières, fi waqt djha.  Qui tout en étant hallucinante est malheureusement bien réelle.

 

 

 

Hier ma tante est venue de cette ville chez nous, et donc nous a donné des nouvelles de la famille… Au fur et à mesure des conversations (vous savez comment ça se passe chez nous dans les veillées) nous avons évoqué le sort des cousins de ma mère que mon arrière grand-père, sans le vouloir vraiment, avait mis dans l’embarras. Et quel embarras ! Les aléas de la vie sont inexplicables. Mon arrière grand-père vivait, au début du 20ème siècle, à Tizi Ouzou dans les quartiers de la haute ville, les premiers quartiers de Tizi.

Il possédait toute une série de petites maisons en torchis, comme il se devait à l’époque, qu’il a commencé à vendre pour un « dinar symbolique ». C’était par générosité car les gens descendaient du bled à ce moment-là, n’ayant pas de travail dans la montagne. Petit à petit, mon aïeul (au fond, peut-être était-il débile ! je me le demande !) finit par vendre tout ce qu’il y avait d’habitable autour de sa propre maison et cela évidemment simplement devant témoins. Mais malheureusement l’adage : « pas de témoins, pas de papiers, va te laver les pieds » se vérifiera quelque 60 ans plus tard, lorsqu’ une voisine à qui il avait vendu l’une de ces maisons s’avisa de cette chose et se mit à revendiquer la propriété non seulement de la maison qui lui avait été cédée pour une bouchée de pain mais également de celle de mon ancêtre. La maison – mère, si je puis dire, était habitée par les cousines de ma mère. La vieille demeure était restée en l’état où elle se trouvait un demi-siècle auparavant, c'est-à-dire presque délabré, mais la famille y habitait encore, vu la crise du logement qui battait son plein alors.

Ah ! Le temps de la nyia était bien loin et celui de la générosité, encore plus ! Cette femme mal intentionnée s’était dégotée des papiers, officialisant sa propriété mais elle prétendait aussi posséder un acte de propriété concernant la maison ancestrale. Par quel miracle ? Le mystère reste entier ! Toujours est –il que par ses entourloupes et magouilles en tous genres, elle réussit à faire en sorte que la vieille maison se trouve encastrée dans la cour de la sienne si bien que les cousines n’avaient plus accès à leur « chez-elles ».Elles habitaient bien là mais le petit couloir qui leur permettait de rentrer avait été condamné par la mégère.

 Et ce fut le début d’un long parcours de combattant judiciaire qui perdure jusqu’à présent puisque la justice ; malgré son don de clairvoyance ? n’a pu trouver une solution à ce problème navrant. Mon arrière grand-père a donc laissé une maison sans porte à ses descendants. Ainsi, au vu de cette histoire, on peut tirer la morale suivante : « FAIS DU BIEN A BERTRAND, IL TE LE REND EN CHIANT ».

 

 

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